Une base de données mondiale sur les oeuvres musicales?


La SACEM vient d'annoncer à la presse que différents acteurs de l'industrie musicale lançait "un appel d'offres afin de créer une base de données globale d'informations sur les oeuvres musicales et les enregistrement sonores". Je relaie l'information car je suis enchanté par cette idée qui permettrait d'une part de disposer sur la Toile d'une sorte d'IMDB de la musique, et d'autre part de mieux identifier les ayants droits d'une oeuvre et donc de faciliter la libération des droits correspondants. Il est possible que cette annonce soit une énième tentative pour l'industrie de colmater les brèches, même les plus minuscules, d'un navire qui prend l'eau depuis 2003: mieux identifier les ayants droits, c'est aussi faciliter la synchronisation audiovisuelles des oeuvres musicales, un débouché devenu porteur et rémunérateur pour les labels. Je m'interroge néanmoins sur la nature des oeuvres musicales qui seront recensées: uniquement celles qui ont fait l'objet d'une exploitation discographique (physique ou en ligne)? Les oeuvres musicales exploitées autrement (cinéma ou concert, voire par Internet sous licence libre) seront-elles incluses dans cette base de donnée? En tout cas, l'initiative est intéressante à mon sens et mérite d'être suivie de près.

 

Communiqué de presse, mardi 10 août 2010

Différents acteurs de l’industrie musicale lancent un appel d’offres afin de créer une base de données globale d’informations sur les œuvres musicales et les enregistrements sonores.

L’objectif de ce projet est de réduire les barrières administratives pour les entreprises souhaitant diffuser des contenus en ligne et s’assurer que les créateurs et éditeurs de musique soient rémunérés rapidement et efficacement pour leur travail.

(...)

Après avoir procédé à une demande d’informations et recueilli plus d’une trentaine de réponses, le Groupe de travail a adressé un appel d’offres à des fournisseurs de services dans le monde entier.

Cette base de données mondiale a pour objectif d‘offrir, et ce, pour la première fois, une représentation unique, complète et officielle de l’ensemble de la propriété et de la gestion des droits pour les œuvres musicales.

L’appel à propositions ainsi que des informations supplémentaires peuvent être consultés sur http://globalrepertoiredatabase.com. (...)


Commentaires

1. Le mercredi 18 août 2010, 21:59 par Coco

2003 tu dis ?

A mon avis ce système prend l'eau depuis bien plus longtemps et est même complètement noyé. Pas touché de droits depuis plus de 15 ans... avec parfois des passages radio toutes les 30 minutes sur certains titres... qui paient les boucles de ceinture de Stephan Eicher, bah woui :-)))

Mais c'est une bonne idée ce changement, si comme tu le dis, toutes les oeuvres sont prises en compte. Espérons que la SUISA suivra.

2. Le jeudi 19 août 2010, 13:24 par murdos

Très intéressant. Mais il est amusant de constater qu'en fait une telle base de données existe déjà, et qui plus est sous licence libre. Il s'agit de MusicBrainz (http://musicbrainz.org).

3. Le jeudi 19 août 2010, 16:23 par Damien D

@Coco: visiblement ce problème de répartion est général en Europe. En privé ou sur mon FB, moi et mes collègues évoquons fréquemment ces soucis que rencontrent les petits sociétaires SACEM que nous sommes lorsqu'il s'agit de récupérer nos droits. Des sommes peu élevées, dont on sait qu'elles ont été collectées (parfois parce qu'on a fait nous même la déclaration!), mais qu'on ne peut pas nous répartir pour des raisons qui m'échappent encore, malgré les demandes de vérification, alors que ces sommes dérisoires sont nécessaires pour notre survie. J’avais pensé à faire un billet à ce sujet. Mais d'expérience le sujet est trop explosif.

@murdos: je ne connaissais pas! Effectivement, le monde libre a déjà une longueur d'avance. Merci pour l'info.

4. Le vendredi 20 août 2010, 12:12 par Coco

Oui, c'est pareil dans toute l'Europe je sais bien, puisque toutes ces radios paient des forfaits au nombre d'auditeurs qui sont répartis au prorata de ceux qui touchent le plus, et non pas nominativement sans tenir compte du fait qu'une foule d'artistes non signés sont pourtant sociétaires et qu'ils sont bien plus souvent diffusés dans ces petites radios que les stars. Toutes ces sociétés de droit se serrent les coudes pour maintenir un statu quo pour ne pas avoir à entreprendre une chose pourtant bien simple et que nous du côté suisse nous réclamons depuis des années : Un système de déclarations en ligne des compositions qui permettrait d'un clic pour les radios de faire leurs déclaration de manière nominative ! Ce serait un jeu d'enfant pour un informaticien de créer ce genre de programme.

Et c'est justement parce que le sujet est explosif qu'il faudrait faire un billet :-)))

D'ailleurs, quand j'aurai fini d'exploser sur des sujets plus urgents, je pense que je vais en faire un chez moi.

Voire même une lettre ouverte à la SUISA.

Et si ma page ferme LOL, tu sauras pourquoi.